Pour moi, ça a pris quatre mois. J'ai pris la décision en décembre 2023, et j'ai signé mon premier client en avril 2024. Et je connaissais déjà le marché local, j'avais des relations, je ne partais pas de zéro. Donc si toi tu arrives à Abidjan sans réseau établi, ne te remets pas en cause après un mois sans résultat. C'est normal, c'est le jeu.
Ce que je veux te raconter ici, c'est exactement comment j'ai acquis mes trois premiers clients — deux que je ne connaissais pas, un que je connaissais — et ce que tu peux en tirer concrètement pour ta propre situation. Depuis ces débuts, j'ai travaillé avec une vingtaine de clients. Tout a commencé par ces trois-là.
Il ne faut pas, parce que vous ne trouvez pas quelqu'un au bout d'un mois, au bout de quelques semaines, tout remettre en cause.
Mes 3 premiers clients freelance : le récit complet
Client n°1 : un post LinkedIn et une prise de risque
Mon premier client, je ne le connaissais pas du tout. C'est mon mari qui, en naviguant sur LinkedIn, est tombé sur un post d'un entrepreneur qui venait de se faire brûler par un prestataire product manager. Il m'a transféré le post, et j'ai décidé de le contacter directement.
Je lui ai proposé d'analyser son produit digital — une fintech — sous l'angle product management et expérience utilisateur. L'idée : améliorer toute la chaîne de contact entre le client et l'entreprise, du service client à la gestion des réclamations. Je lui ai montré concrètement ce qui ne fonctionnait pas dans son parcours utilisateur.
Il m'a écoutée, on a fait le point une semaine après, j'ai fait une proposition commerciale, il a accepté. En deux semaines, j'avais commencé. Plusieurs mois de mission ont suivi. À ce jour, c'est l'une de mes meilleures missions — par la relation, la rapidité de décision, et l'ampleur du travail.
Canal d'acquisition : réseaux sociaux (LinkedIn) + approche directe.
Client n°2 : une opportunité CDI transformée en mission freelance
À cette époque, je n'étais pas encore certaine de vouloir rester indépendante. J'avais contacté une agence de recrutement locale, en me disant que si une opportunité en CDI se présentait, je ne dirais pas non.
Quelques mois plus tard, ils m'ont rappelée pour un poste de responsable marketing. Pas mon cœur de métier — mon domaine, c'est le product management et l'UX, c'est très niche — mais j'avais dit être ouverte à d'autres pistes. J'ai échangé avec leur client, et là j'ai compris quelque chose : je ne voulais plus être salariée.
Je pouvais les aider, j'avais les compétences notamment sur les automatisations, mais uniquement en tant qu'indépendante. Ils ont continué à chercher pour le CDI, mais ils ont aussi voulu travailler avec moi. Première mission sur les automatisations, puis d'autres missions ponctuelles enchaînées. Encore une fintech — le secteur bancaire et fintech en Côte d'Ivoire et dans la sous-région, c'est vraiment mon terrain de jeu favori.
Canal d'acquisition : agence de recrutement, opportunité transformée en contrat freelance.
Client n°3 : un ancien employeur, une observation bien placée
Le troisième, je le connaissais déjà. C'était un ancien employeur à qui j'avais annoncé mon lancement en freelance. Il savait comment je travaillais, il savait ce que je savais faire.
À un moment, j'ai utilisé leur service — ils étaient dans la logistique — et j'ai fait un retour sur quelque chose qui ne fonctionnait pas. Ils m'ont fait confiance et m'ont proposé de les aider sur ce sujet. Simple, direct, sans long processus de conviction.
Canal d'acquisition : réseau personnel, ancien employeur.
Si tu veux comprendre comment structurer ton projet professionnel avant même de chercher des clients, jette un œil à comment j'ai créé ma société dès mon arrivée à Abidjan — ça change beaucoup de choses dans la relation avec les clients locaux.
Ce que ces 3 histoires t'apprennent sur la prospection freelance
Deux clients trouvés par hasard, un grâce au réseau. Trois canaux différents. Zéro stratégie "parfaite". Voilà la réalité de trouver ses premiers clients freelance ici.
- LinkedIn / réseaux sociaux + approche directe
- Agences de recrutement (canal sous-estimé en Côte d'Ivoire)
- Réseau personnel et anciens employeurs
Ce que ces trois histoires ont en commun : dans chaque cas, j'ai su montrer ce que je savais faire avant qu'on me signe quoi que ce soit. C'est ça, le vrai levier.
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Conseil n°1 pour trouver ses premiers clients : rends visible ce que tu sais faire
Le client ne sait pas qui tu es. Il a besoin d'être convaincu que tu es la bonne personne pour résoudre son problème. Ta crédibilité, c'est ta seule monnaie au départ. Et cette crédibilité, tu dois la construire activement.
Si tu as peu ou pas d'expérience
La technique qui fonctionne : fais des analyses gratuites sur des entreprises connues. Tu es designer ? Refais l'identité visuelle d'une marque locale et publie-le. Tu es dans le marketing ? Décortique la stratégie d'une entreprise de la place. Sur LinkedIn, ce format marche très bien, notamment pour tout ce qui touche au branding, à l'UX ou au commercial.
Si tu es dans la vente ou le closing, fais une démonstration live. L'idée, c'est de montrer ce que tu fais — pas d'en parler abstraitement.
Et si tu trouves tes premiers clients dans ton entourage proche, ne te bats pas trop sur le prix. Ce dont tu as besoin à ce stade, c'est de preuves sociales : des témoignages, des cas concrets, des résultats à montrer. Ces preuves vaudront plus que n'importe quel argumentaire commercial.
Si tu as de l'expérience en entreprise
Tu as un avantage énorme : ton historique professionnel. Transforme tes missions passées en études de cas que tu présentes à tes prospects. Tu peux aussi faire des analyses sur des entreprises pour lesquelles tu n'as pas travaillé — pour montrer ta façon de penser, ta rigueur, ton angle.
Et surtout : tes anciens employeurs sont des clients potentiels. Ils te connaissent, ils savent comment tu travailles. Si vous vous êtes quittés dans de bonnes conditions, ils te feront toujours plus confiance qu'à un prestataire inconnu. C'est exactement ce qui s'est passé avec mon troisième client.
Le témoignage de Christelle, rentrée à Abidjan après 12 ans en France, illustre bien comment capitaliser sur une expérience solide pour se repositionner rapidement sur le marché local.
Conseil n°2 : rends visible ton activité — les bons canaux ici
Choisir un seul réseau social au départ
Quand tu démarres, tu n'as pas besoin d'être partout. Tu as besoin d'être au bon endroit, là où se trouvent tes prospects. Selon ton domaine :
- LinkedIn : le réseau professionnel par excellence, indispensable pour du B2B
- Instagram ou TikTok : si ta cible est plus grand public ou si tu es dans des domaines visuels
- YouTube : si tu veux créer des contenus de fond qui durent
- Newsletter ou podcast : si tu veux construire une audience qui t'appartient vraiment
L'essentiel, c'est de choisir et d'être régulier. Une présence faible mais constante vaut mieux que dix posts puis le silence.
Sollicite des recruteurs — canal spécifique au marché ivoirien
En Europe ou en Amérique du Nord, il existe des plateformes dédiées aux freelances. Ici, c'est beaucoup moins développé. Les opportunités de missions freelance sont souvent off-market — elles ne sont pas publiées, elles circulent via des contacts.
Solliciter des recruteurs, c'est une façon d'y accéder. Comme ça s'est passé pour moi : l'agence m'a proposé un CDI, j'ai retourné la situation en mission freelance. Ce n'est pas une stratégie standard, mais ici, ça fonctionne.
Intègre des communautés professionnelles
Il existe des communautés actives à Abidjan et dans la sous-région. Abidjanaises in Tech, Africaines in Tech — ce sont des espaces où tu peux te faire connaître, trouver des premiers clients, et aussi des partenaires. Il y a aussi des groupes Facebook et des espaces Slack selon les secteurs.
Ce premier niveau de réseau est accessible, parfois avec une petite cotisation, et il peut te ramener des résultats sans investissement massif de temps ou d'argent.
Le niveau supérieur : la prospection terrain en Côte d'Ivoire
Il y a ce que j'appelle le deuxième niveau de développement de réseau : aller sur le terrain, directement. Rencontres physiques, événements professionnels, approche directe en face à face. C'est beaucoup plus exigeant en temps et en énergie.
Mais ici, en Afrique, c'est plus qu'essentiel. Le business se fait souvent dans la relation, dans la confiance qui se construit en dehors des écrans. Mon année passée, j'ai principalement développé mon réseau en ligne via LinkedIn. L'étape d'après, c'est d'être vraiment présente sur le terrain — et c'est un chantier à part entière.
Pour comprendre l'environnement dans lequel tu vas prospecter — coût de la vie, quartiers, dynamiques locales — le guide des vrais chiffres pour vivre à Abidjan te donnera une base solide. Et si tu veux voir comment d'autres ont construit leur activité ici from scratch, le témoignage de Daniel et Camille, partis de zéro pour ouvrir un hôtel à Jacqueville, est une bonne dose de réalité et de motivation.
Trouver ses premiers clients freelance à Abidjan, c'est un travail de fond, pas un sprint. La crédibilité se construit, le réseau se développe, et les opportunités arrivent — souvent là où on ne les attendait pas.
Ce qui fait la différence au final, c'est ta capacité à montrer ce que tu offres, d'une manière qui te ressemble. Moi, je suis critique par nature — et dans mon domaine, ça colle parfaitement. Toi, tu as tes propres forces. Trouve comment les rendre visibles, et reste dans la durée.
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