Maya Maïga n'est pas une repat comme les autres. Elle est malienne, née et grandie à Bamako, et c'est son mariage avec un Français qui l'a amenée à Paris. Ce que personne ne lui avait prédit, c'est qu'elle finirait cheffe d'entreprise à Abidjan, dans les locaux de son propre salon de coiffure dédié aux cheveux naturels — un concept qu'elle a construit de zéro, depuis sa salle de bain à Bamako.

Ils avaient tout à Bamako. Pourquoi ont-ils tout recommencé à Abidjan ?
avec Maya

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Après cinq ans à Paris, Maya et son mari souhaitaient tous les deux rentrer au Mali. Lui a trouvé un contrat avec Expertise France. Ils sont partis avec leur fille de deux ans, la famille sur place pour aider à trouver un logement, et la certitude que c'était le bon choix. Six ans de vie à Bamako qui allaient transformer Maya.
C'est à Paris, avant même de partir, qu'elle découvre le mouvement NAPPY (Natural, Afro, Proud, Pretty, Yes). Elle commence à soigner ses propres cheveux crépus, crée une page Facebook pour partager son expérience, et attire rapidement une communauté de femmes maliennes qui ne trouvent pas les bons produits chez elles.
« Les soins que je faisais moi-même, je me filmais toujours, je mettais sur Snapchat, sur mes pages. Elles ont commencé à me demander : nous, on veut les soins que tu fais à la maison. »
Napi Génération : un salon né d'une page Facebook
De retour au Mali, Maya transforme un coin de son appartement en espace de vente de produits capillaires naturels. Les clientes se multiplient. Une amie passe pour les soins. Elle poste la photo. Le salon part d'un seul post Snapchat. Elle commence avec une coiffeuse, puis deux, puis vingt. Napi Génération devient le salon de référence des cheveux naturels à Bamako.
Puis la situation sécuritaire au Mali se dégrade. Les restrictions de mouvement, la pénurie de carburant (20 litres passent de 15 000 à 75 000 francs), l'insécurité pour se déplacer. Il devient impossible de faire tourner un salon dans ces conditions.
Tout recommencer à Abidjan
Le choc est brutal. Le loyer, le coût du personnel, tout est différent à Abidjan. Maya repart de zéro dans une ville qu'elle ne connaît pas, dans un pays qui n'est pas le sien. Mais sa communauté est déjà internationale — elle est suivie de la Guadeloupe, du Sénégal, de Paris, des États-Unis. La marque Napi Génération a traversé les frontières avant même qu'elle le fasse.
Elle installe le salon dans des nouveaux locaux à Abidjan. Les clientes viennent. Son modèle — soins à base de produits naturels, fait maison, dans un esprit communautaire et bienveillant — résonne tout autant dans la capitale ivoirienne.
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Ce qu'on retient
Une communauté en ligne peut précéder et faciliter une installation — Maya avait ses clientes avant d'avoir son salon à Abidjan.
Repartir de zéro est possible même après avoir tout construit ailleurs — la compétence et la réputation se transfèrent.
La situation géopolitique peut forcer une migration — mieux vaut avoir réfléchi aux options avant que la contrainte arrive.
Abidjan est cosmopolite et accueille des entrepreneurs venus de toute l'Afrique de l'Ouest — la clientèle est diverse et curieuse.
Le marché des cheveux naturels est en plein essor en Côte d'Ivoire — une niche avec un fort potentiel de croissance.
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