Deux ans. C'est le temps qu'il a fallu à Élie et Anaïs pour passer de "on arrive avec neuf valises sans savoir ce qu'on va faire" à "on repart plus forts, mais on repart". En 2026, leur bilan s'installer à Abidjan — retour d'expérience après 2 ans — est l'un des plus contrastés que j'aie eu la chance de recueillir : une carrière sportive reconvertie à vitesse grand V, une entreprise de mode qui décolle, un licenciement abusif résolu devant l'inspection du travail, des enfants épuisés, et finalement un grand frère biologique découvert par hasard.

Licenciement abusif, réussite professionnelle, epreuves famililales .. c’est leur bilan après 2 ans à Abidjan
avec Anaïs et Eli EHUA

C'est ce qui va concrétiser ton installation en Côte d'Ivoire 🇨🇮
Notre budget réel d'installation, notre rétroplanning, un comparatif de crèches à Abidjan... Tout ce qu'il faut pour te faire une idée précise de quoi préparer !
Je veux mon kit gratuit ! →Ce n'est pas un récit d'échec. Ce n'est pas non plus une success story classique. C'est la réalité d'une installation en Côte d'Ivoire vue par deux personnes qui ont tout donné — et qui ont choisi, lucidement, de rentrer.
Succès professionnel vs. équilibre familial : pourquoi ils repartent après 24 mois réussis
La décision de quitter Abidjan n'est pas venue d'un échec. Elle est venue d'une question simple que Élie et Anaïs ont fini par se poser : pour qui est-ce que ça fonctionne vraiment ?
Professionnellement, les deux années ont dépassé ce qu'ils espéraient. Élie a pris la direction d'une académie de football — la plus grande en nombre d’adhérents à Abidjan — avec 17 collaborateurs sous sa responsabilité et environ 300 jeunes inscrits. Il a monté des partenariats avec des restaurants huppés, organisé un événement au Majestic, accueilli un club du championnat espagnol en stage. Un coach présent dans le football ivoirien depuis 40 ans lui a dit : "Ce qu'on a fait cette année, ça n'a jamais été fait pour une académie dans ce pays."
Anaïs, de son côté, a lancé son activité de conseil en image à Abidjan, construit une clientèle rapidement et intégré Elle magazine Côte d'Ivoire comme rédactrice mode. Depuis le 1er janvier 2026, le magazine est devenu Elle Afrique francophone, couvrant 51 pays. Elle y a été promue chef de cabinet.
Et pourtant. La mort du père d'Anaïs a été le révélateur. Si Élie n'avait pas été libéré par son licenciement au moment précis où ils sont rentrés en France cet été, il n'aurait pas pu soutenir sa femme. Ce n'est pas de la chance, c'est ce qu'ils appellent tous les deux "le plan".
"On est arrivé avec neuf valises. On ne savait même pas ce qu'on allait faire."
La décision finale : Ils rentrent en France pour la rentrée scolaire de septembre 2026. Anaïs conserve son activité et ses missions pour Elle Afrique francophone depuis Paris, avec des allers-retours à Abidjan.
Pour toi qui prépares ton installation, c'est peut-être le point le plus important de tout ce bilan : réussir à Abidjan professionnellement est possible, et même rapide. Mais l'équilibre familial au sens large — parents vieillissants en Europe, enfants déracinés, grands-parents que les petits ne voient plus — est un paramètre que très peu de guides d'installation abordent. Si tu veux anticiper ces arbitrages avant d'arriver, les questions que se sont posées d'autres familles après 3 ans à Abidjan peuvent t'aider à cadrer ton projet.
Licenciement abusif en Côte d'Ivoire : est-ce qu'on peut obtenir justice ?
C'est l'un des aspects les moins connus et les plus utiles de ce retour d'expérience. Élie a été licencié malgré des résultats objectifs exceptionnels. La raison réelle : des problèmes structurels et financiers internes à l'organisation, conjugués à des manquements éthiques — notamment sur le versement régulier des salaires — qui rendaient la collaboration impossible.
Sa réaction initiale : encaisser et passer à autre chose. C'est un ami juriste qui l'a convaincu d'analyser le dossier. Verdict : licenciement abusif, aucune faute caractérisée.
Comment ça s'est passé devant l'inspection du travail
Élie s'est retrouvé à l'inspection du travail de Côte d'Ivoire, face à un inspecteur — M. Oufoué — qu'il décrit comme "quelqu'un d'intègre, de droit, qui cherche vraiment la justice". Il a présenté un dossier complet : reproches de l'employeur d'un côté, preuves de bonne foi de l'autre.
L'issue : confrontation avec l'ex-employeur, reconnaissance de tort, accord amiable pour éviter le procès, et versement d'une indemnité. Une résolution concrète.
Ce que ça signifie pour toi si tu es salarié.e à Abidjan : l'inspection du travail est compétente et, selon ce témoignage direct, fonctionne. Si tu rencontres des difficultés avec ta hiérarchie, il vaut la peine de faire analyser ton dossier par un juriste local avant de partir sans rien demander.
Ce qu'Élie retient de cette expérience professionnelle globale
Malgré le licenciement, il repart sans amertume : « Je repars plus fort que je suis arrivé. J'ai vécu ça plus comme une formation que comme un réel aboutissement. » Il cite notamment une rencontre avec Maciré Coulibaly, installé à Abidjan en famille et déjà passé au micro de Life of Repat, qui lui a permis d'identifier ses angles morts. Leur bilan à eux, trois ans après leur arrivée, raconte la même ville depuis une autre trajectoire. Sa reconversion suivante : la formation à l'arbitrage professionnel, entamée en septembre 2026 en Nouvelle-Aquitaine — portée par le même sens de la justice qui lui avait coûté son poste.
Les coûts cachés du quotidien à Abidjan avec des enfants (données 2026)
Élie et Anaïs ont deux garçons : 8 ans et 5 ans au moment de leur retour. Le plus jeune s'est parfaitement adapté — il a même pris l'accent ivoirien. Le plus grand, qu'ils surnommaient "Monsieur Carte Vitale", a enchaîné les problèmes de santé : paludisme neurologique, appendicite, infections bactériennes à répétition. Les hospitalisations fréquentes ont pesé — financièrement et émotionnellement.
Le sport, un poste budgétaire explosif
C'est le chiffre qui choque le plus dans leur bilan. En France, une licence de football coûte environ 160 à 180 euros par an (licence + équipement). À Abidjan, d'après leur recherche : environ 50 000 FCFA par mois, soit potentiellement 500 000 à 600 000 FCFA à l'année — soit environ 15 à 16 fois plus cher. Le tennis : 200 euros l'année en France, 1 200 000 FCFA à Abidjan selon les structures consultées.
Au-delà du budget, il y a la logistique. Emmener un enfant à l'entraînement après l'école dans les embouteillages d'Abidjan, c'est souvent autant de temps dans la voiture que de temps sur le terrain. Résultat : les activités sportives n'ont pas pu s'installer dans le quotidien.
L'école : le système américain a changé la donne
Après un premier essai dans le système ivoirien (privé) qui ne s'est pas bien passé, les enfants ont intégré une école américaine, texane. Bilan : ils sont devenus bilingues en anglais en moins d'un an et demi, se sont fait des amis dans une structure à taille humaine. C'est la note la plus positive côté scolarité.
Si tu hésites encore sur le système scolaire à choisir à Abidjan, ce que j'ai compilé sur les différents systèmes pédagogiques disponibles à Abidjan peut t'aider à comparer les options concrètement.
Ce que les enfants ont aimé sans réserve : les voyages hors Abidjan — Bassam, Jacqueville, et tout ce qui est en dehors de la ville. Ce qu'ils ont dit en partant : qu'ils n'aimaient pas l'Afrique. Une phrase dure, et probablement provisoire — mais qui dit quelque chose sur ce qu'une installation en famille implique vraiment.
Quand la superficialité urbaine et les différences culturelles épuisent
C'est la partie la moins souvent abordée dans les bilans d'installation — et pourtant l'une des plus transposables. Anaïs le dit sans détour : le quotidien à Abidjan peut drainer énormément d'énergie mentale, pas à cause d'événements dramatiques, mais par accumulation.
Elle décrit une soirée ordinaire : sortir de leur résidence à la Cité SIR pour "aller manger dehors", s'arrêter net face au contraste entre l'intérieur de la cité et la rue — et fondre en larmes. Ce n'est pas une critique de la ville, c'est la description de ce que ressent une personne élevée en Occident quand ses repères visuels et sensoriels sont mis à rude épreuve de manière continue.
La superficialité sociale : l'habit, la voiture, l'école des enfants
"Après un rendez-vous, on t'accompagne sur le parking pour regarder quelle voiture tu as."
Anaïs travaille dans la mode — un secteur où les apparences comptent partout. Mais à Abidjan, elle a constaté quelque chose qu'elle n'avait pas anticipé : personne ne lui a jamais demandé ses diplômes. La confiance s'est établie instantanément, en partie parce qu'elle est métisse. Elle le dit elle-même — ça l'aide, et ça l'interroge en même temps, parce que ce même diplôme n'aurait peut-être pas suffi pour quelqu'un d'autre.
Les codes de visibilité sociale sont très présents : la voiture que tu roules, l'école où sont tes enfants, le sport qu'ils pratiquent et dans quel club. Arriver en Yango ? Ça se remarque. Ce n'est pas propre à Abidjan, mais c'est plus systématique et lisible qu'en Europe occidentale.
Les relations avec les locaux.
Sur le plan amical, Élie et Anaïs sont unanimes : leurs meilleures rencontres en deux ans se sont faites dans la communauté repat et expat. Pas par fermeture d'esprit, mais parce que les ponts culturels avec les Ivoiriens "locaux" (non diaspora) ont été plus difficiles à construire — différences de vision, de rapport au temps, de mode de communication. Élie, lui, a eu des collaborateurs locaux qu'il décrit comme très impliqués et respectueux dans le cadre professionnel. Deux expériences différentes, selon le contexte.
Si ce genre de réalité quotidienne t'interpelle et que tu te demandes comment d'autres familles ont traversé les deux premières années, le bilan d'Amandine et Charles après 18 mois à Abidjan avec leurs filles offre un angle complémentaire très concret.
La rencontre inattendue : trouver un grand frère à Abidjan
C'est l'histoire que personne n'aurait pu planifier. Anaïs apprend, pendant son séjour à Abidjan, qu'elle a un grand frère ivoirien qu'elle ne connaissait pas — Drissa, fils aîné de son père, né d'une relation ancienne, jamais évoqué dans la famille. C'est la femme d'un oncle qui lui révèle l'existence d'Anaïs en Côte d'Ivoire. Drissa obtient son numéro, l'appelle, lui annonce qu'elle a deux frères et une sœur en Afrique.
Anaïs hésite. Elie la convainc de le rencontrer. Et quand ils le voient en vrai, c'est Elie qui tranche : "C'est la photocopie de mon beau-père. C'est sûr que c'est ton frère." La ressemblance avec le père d'Anaïs est frappante — au point que les enfants demandent "Papy, tu fais quoi en Côte d'Ivoire ?"
Ce que cette rencontre a produit concrètement : Drissa est devenu un membre de la famille à part entière.Ils lui ont permis, pour la première fois, de parler en visio avec son père — leur retour en Côte d'Ivoire avait agi comme un retour par procuration du père d'Anaïs. Elie a écrit un chapitre entier sur Drissa dans son livre autobiographique, et un deuxième projet est en cours : raconter l'histoire de Drissa sous forme de roman — Drissa, l'enfant perdu devenu roi.
Ce que leur bilan t'apprend si tu envisages de t'installer à Abidjan
Élie et Anaïs ne font pas de prosélytisme dans un sens ou dans l'autre. Leur message final est clair et applicable :
- Prépare-toi vraiment avant d'arriver. "Servez-vous des échecs des autres pour que vous puissiez réussir" — les deux années d'Élie et Anaïs sont une mine d'enseignements sur ce qu'aucun guide de déménagement ne te dira.
- Abidjan est la terre de tous les possibles professionnellement — les opportunités que tu n'aurais pas obtenues en France en 10 ans peuvent se débloquer en 18 mois ici. Élie l'a vécu. Anaïs aussi.
- Les besoins de ta famille ne s'arrêtent pas à ton projet. Les enfants, les parents vieillissants, le conjoint ou la conjointe qui s'épuise — ce sont des variables à peser avant, pas après.
- Il existe des recours si tu es salarié.e en difficulté. L'inspection du travail ivoirienne fonctionne. Documente tout, fais analyser ta situation par un juriste local.
- Le chaos urbain, les contrastes visuels et la superficialité sociale s'apprivoisent — mais ça demande de l'énergie. Prévois-la dans ta préparation mental.
Si tu sens que ton projet d'installation soulève plus de questions que ce genre de témoignages ne peut régler — budget à calibrer, choix d'école, logement, statut professionnel — et que tu veux transformer ce que tu viens de lire en feuille de route concrète pour ta situation, c'est ce que propose l'accompagnement personnalisé.
Un accompagnement personnalisé pour ton installation
Tu prépares ton installation en Côte d'Ivoire ? Deux formats au choix à partir de 500€. Sur candidature uniquement.
Je candidate →
Prépare ton installation en Côte d'Ivoire — avec les bons outils
Trois façons concrètes de partir sur de bonnes bases grâce à Life of Repat:
- 📥 Télécharger le kit d'installation gratuit — budget initial Abidjan, rétroplanning, comparatif crèches, fiche carte de résidence, fiche visa : tout ce qu'il faut pour poser les premières briques de ton projet
- 📘 Récupérer le guide pratique Life of Repat — il répond aux questions que ce bilan soulève. Combien prévoir chaque mois à Abidjan avec des enfants, poste par poste, grâce à un modèle de budget mensuel à remplir. Comment comparer les systèmes scolaires avant de choisir, avec le comparatif des écoles internationales d'Abidjan qui arrive bientôt. Et des ressources mises à jour en continu, pour ne pas préparer ton installation avec des informations périmées.
- 🤝 Découvrir nos accompagnements personnalisés — sur candidature
Voir l'épisode
Écouter le podcast



